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       Ma semaine dernière a été dense et très intense d’un point de vue culturel. J’ai vécu deux expériences très, très, très fortes. Celles qui vous provoquent les sensations les plus dingues où le corps réagit sans que l’on puisse le contrôler : les poils qui se hérissent, la peau qui tremble, les larmes qui montent, la sueur qui coulent où le cœur qui se pince.

      La première était au théâtre des bouffes du nord à Paris, au pied du métro La Chapelle. C’est un lieu que j’affectionne de part sa beauté, sa sérénité par rapport à l’environnement extérieur et les souvenirs que j’y ai : Albin de la Simone, Camille en duo avec Sébastien Martel, Nouvelle vague ou Arthur H. Mais ce jeudi 2 décembre, je m’y suis rendu pour aller voir du théâtre. Il s ‘agit du spectacle « Sœurs »  écris et mis en scène par Pascal Rambert  et joué par Marina Hands et Audrey Bonnet.

La saison dernière j’avais vu au TNB, « Clôture de l’amour », aussi de P. Rambert, et franchement je suis fou de l’écriture de ce type. Les mots vous percutent avec force à chaque réplique. La mise en scène est hyper précise avec une scénographie assez minimaliste, c’est les déplacements et les rapprochement/éloignements sur le plateau des deux actrices qui font  le décor.

Les deux interprètes parlons-en, elles sont sublimes, de charismes, de prestances et de voix. Elles passent 1h30 à se déchirer et à se « pourrir », mais on juste envie de les aimer (on ne peux donner raison à une des deux), on a l’impression de faire partie de leur vie.

Pascal Rambert livre une histoire qui est à la fois banal mais inscrite dans notre monde contemporain. La pièce sera toujours aussi folle à voir  dans  plusieurs décennies. Je pense que pour des raisons personnelles,  « Clôture de l’amour » m’a d’avantage plu, mais « Sœurs » n’en reste pas moins un chef d’œuvres (je n’emploi que très rarement ce terme mais là ça vaut le coup).

      Ma fin de semaine a été marquée par un concert que j’attendais depuis un bon bout de temps. Il s’agit d’Aloïse Sauvage. J’avais découvert cette jeune fille dans le spectacle « 5ème hurlant » de Raphaëlle Boitel, où déjà elle avait une place à part. Elle évoluait sur un agrès de cirque totalement nouveau, qu’on aurait créé pour elle. Ensuite, elle a eu un rôle phare dans « 120 battements par minute » de Robin Campillo. Elle fait partie de cette nouvelle génération d’artistes touche à tout, et qui excelle partout.  Donc, quand elle se met à la musique, elle crée des morceaux qui ne vous laisseront pas insensible et elle tape dans l’œil de J.L. Brossard qui lui offre l’espace de création des 40e Transmusicales de Rennes.

C’est donc à la salle de l’air libre à Saint Jacques de la Lande (parce que oui les transmusicales ne se passe pas vraiment à Rennes), que j’ai pu la voir pour sa 4e représentation. Et j’ai assisté a une œuvre qui dépasse le concept de concert. Aloïse a livré un spectacle pluridisciplinaire qui emporte n’importe quel spectateur. Elle y est à la fois chanteuse, circassienne et danseuse. Elle est accompagnée de deux musiciens qui sont sur une estrade en arrière scène. Elle évolue sur un épais et grand tapis qui apporte une certaine douceur et sous une lumière qui change à chaque tableau pour nous embarquer à chaque fois dans un nouveau rêve. La nana est dingue. Elle nous à offert un moment d’une rare intensité. Son écriture est très personnelle et introspective mais donne à réfléchir sur soir même.

Je ne sais pas qui aura la tâche de lui succéder l’année prochaine pour la création des Transes, mais je pense qu’il vaudrait mieux annuler  ou arrêter cette proposition pour quelques ou à tout jamais.

Aloïse Sauvage, apparement tu avais l’air perplexe quand on t’a proposé cette création, mais s’il te plait continue de créer pour nous offrir encore de moments si intense.